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dimanche 20 octobre 2013

Crash Lao Airlines : Un pari macabre

Pendant les 4 années où j'ai résidé au Laos, des amis et moi parions que tôt ou tard une catastrophe aérienne se produirait. La seule inconnue était la ligne mais nous envisagions deux destinations Vientiane-Pakse-Siem Reap et retour et Luang Prabang. Les Nations Unies avaient interdit à leurs experts de voyager avec Lao Airlines et les personnes qui se déplaçaient à titre privé ou qui travaillaient pour des organisations moins draconiennes, préféraient ignorer les risques qu'ils couraient.

Personnellement, je n'ai pas oublié mon retour de Siem Reap au Cambodge lorsque notre avion, très incliné, perdait rapidement de l'altitude. Après s'être posé sans que nous sachions exactement où, nous avions attendu longtemps avant d'être évacués. Les membres de l'équipage allaient et venaient dans l'avion avec des extincteurs sans nous parler. Des hublots, nous ne voyions que les rizières. Une passagère à bout de nerfs et exaspérée par l'attitude du personnel s'était levée et avait interpellé avec véhémence une hôtesse, qui nous avait assuré que tout allait bien. C'est seulement après un long moment que nous avons quitté l'avion, toujours sans explication.

Le lendemain, je me suis rendue à l'agence de voyage qui m'avait vendu les billets pour lui exprimer mon inquiétude et demandé si elle était au courant de la catastrophe que nous avions frôlée. "Oui", m'avait-on répondu, "il y a eu un problème technique" ; fin de la discussion.

Ce crash de Lao Airlines de cette semaine est une vraie catastrophe, même si je ne suis pas vraiment surprise. Servira-t-il d'exemple aux autres compagnies ? Je pense en l'occurrence à Kenya Airways (The Pride of Africa) qui laisse ses passagers en rade soit car ils ne sont pas assez nombreux soit au contraire parce que les vols ont été surbookés. Cela est désagréable mais ne présente pas de danger. En revanche, se retrouver cloué à Paris dans un de leurs avions dont la porte ne ferme pas ou survoler trois fois Kinshasa à cause d'un problème de train d'atterrissage est bien plus inquiétant.

samedi 21 juillet 2012

L'expatriation, quelle blague !


Thaïlande
Laos, Vientiane
Mes messages précédents s'attardaient surtout sur les zones géographiques où je séjournais et les voyages que j'ai effectués. Des images de safaris, de gorilles, une escapade canadienne en hiver pour goûter au grand froid et au dépaysement. Bien sûr, on a les moyens, et on se la joue international. Oui c'est ça, l'expatriation, une vie privilégiée qui monte à la tête, car si dans nos pays d'origine nous ne sommes rien et parfois même, moins que rien : un petit fonctionnaire anonyme dans un petit bureau, sur une petite chaise près d'une petite porte, dans un petit service d'un petit ministère, ou un petit employé d'une petite société, on devient à l'étranger le grand représentant, d'un grand pays, d'une gande société, assis dans un fauteuil trop grand, dans un grand bureau, avec de grands pouvoirs. Les hommes dans leurs nouvelles fonctions affectionnent les superlatifs et les honneurs et les épouses découvrent avec ravissement la joie de compter parmi les happy few, d'évoluer dans un milieu futile et c'est avec délectation qu'elles gèrent une cohorte de domestiques ou plutôt d'esclaves des temps modernes qui leur sont dévoués corps et âmes pour un salaire de misère.
Siège de la commission du Mékong

Notre maison au Laos
Je n'ai pas échappé à la règle, mais heureusement mes activités intellectuelles m'ont toujours permis de survivre car, voyez-vous, les happy few sont souvent des happy ..., que des happy, heureuses de vivre dans l'ombre d'un époux, coupées du monde et de la vie. On ne se fréquente qu'entre nous, selon la position du mari, bien évidemment, mais une tâche de couleur est toujours la bienvenue, pour faire plus locale et puis, les autochtones sont parfois tellement drôles. La vie est réglée par le sport, les massages les pédicures, les manucures, les coiffeurs et les invitations chez les unes et chez les autres : toujours les mêmes qui n'ont rien à dire ni aujourd'hui ni demain sauf les maladresses de leurs domestiques, au services de leurs altesses d'opérette.

Résidence Ubuntu, Bujumbura
La vie d'expatriée peut faire rêver surtout quand on n'est pas un riche héritier et que chaque semaine, il faut s'armer de courage pour aller travailler. Bien sûr, nous avons des avantages, nous voyageons et sommes dans de bonnes conditions pour découvrir de nouveaux pays, mais je vous jure, que rentrer chez soi, poser sa valise, n'avoir personne autour de vous, dans votre intimité qui vous observe et papote dans votre dos, c'est génial. Enfin le retour à la vraie vie comme des millions de compatriotes. Mais au fait, j'y pense j'ai oublié de mettre en route le lave vaisselle et d'étendre le linge. C'est quand que je repars ?
...à Zanzibar