A deux heures de route de Bujumbura, car il faut dépasser les camions
poussifs dans les lacets auxquels sont accrochés des cyclistes
téméraires, Gitega, la première capitale du Burundi, est une adorable
petite ville accrochée au flanc des collines. La couleur de brique donne
à cette grande bourgade une atmosphère douce et apaisante et les
bâtiments nous rappellent la présence belge, française mais aussi
allemande.
Après avoir vu le fort transformé aujourd'hui en prison, parcouru de
long et en large la route principale, photographié les maisons à
arcades, jeté un coup d’œil au marché, nous nous sommes rapprochés de
l'église et du grand monastère, parfaitement entretenus, qui témoignent
de l'importance de la religion dans cette partie du pays. Et puis,
retour sur nos pas, la route principale -et rien n'avait changé-,
nouvelles photos -il fallait bien justifier notre présence- et halte
dans un restaurant.
Après voir mangé avec plaisir des brochettes de chèvre, une question à un serveur.
Que nous reste-t-il à visiter ? Le musée
bien-sûr mais aussi les tambours royaux de Gishora. Dilemme. Nous avons
prévu de rentrer le jour même à Bujumbura. Courte consultation. Nous
optons pour les tambourinaires. Mais où se cachent-ils nous ne les avons
pas vus ? Et quand on vous répond en Afrique : "pas loin, tout droit, à
quatre kilomètres, juste à l'entrée de la ville", vous êtes sûrs que
les choses vont se corser.
Et effet après avoir suivi scrupuleusement les indications, nous
n'avions pas vu l'ombre d'un tambour. Nous tendons notre papier avec le
nom du village mentionné dessus. En vain, tout le monde ne sait pas
lire. Enfin, quelqu'un qui peut nous renseigner, et en français. "C'est
par là". Nous levons les yeux et découvrons que nous sommes en face de
la pancarte. L'unique que nous trouverons d'ailleurs. "Et maintenant
c'est à neuf kilomètres de piste". Rien ne nous rebute. Mais la piste se
dédouble à plusieurs endroits. Nous imitons les gestes des
tambourinaires. Ça marche. Après une demi-heure nous voici enfin
arrivés.
Pas de chef de village. Bizarre. Il devrait être là pour organiser la
visite. Nous attendons. Quelques curieux nous encerclent puis un homme
encore jeune s'approche de nous. Nous voulons écouter les tambours.
D'accord, le prix que l'on nous propose est déjà majoré par rapport à
celui annoncé par le serveur. 5 000 F Bu. Nous acceptons. D'autres
personnes arrivent. Conciliabule. Avant de nous installer, je demande
une dernière fois le prix. 100 000 F bu pour 20 mn. Pardon ? Il répète
le même montant. Je suis pas sûre d'avoir bien entendu. Il écrit le
montant dans sa main. Aucune erreur possible. Nous décidons de partir.
Il veut négocier le prix. Nous refusons. Nous n'aurons pas entendu les
tambours royaux de Gishora.
Nous sommes touristes certes, mais pas idiots. A l'avenir, il serait
souhaitable pour ne pas décourager les rares touristes qui viennent au
Burundi que des mesures soient prises et pourquoi ne pas commencer tout
simplement par inscrire les prix à l'entré comme cela se fait dans la
plupart des lieux touristiques à travers le monde ?



