Je sais. Mon texte ne va pas faire l'unanimité. Mais j'écris ce que je pense, comment j'ai ressenti Carmen, en tant que spectatrice qui a le droit de s'exprimer.
A quoi s'attendre quand on va écouter Carmen ? A entendre une voix, belle, avec des cordes vocales, des vraies, qui emplissent le théâtre et transportent des émotions. Et puis, on s'attend à une Carmen pleine de fougue, d'insolence et de verve. Une gitane sans vergogne et libérée. Mais où était cette Carmen ici, aux chorégies d'Orange ? Je l'ai attendue, en vain. Je n'ai eu qu'une Carmen insipide, "aseptisée", belle, certes, mais sans caractère. Enfin, une Carmen sans panache interprétée par la mezzo-soprano Kate Aldrich dont la voix n'était pas toujours audible. Était-ce une erreur de casting ? N'y avait-t-il pas d'autres interprètes disponibles ? Quelques jours auparavant, par curiosité, j'ai surfé pour voir quelles étaient les interprètes remarquées de Carmen et j'avais été séduite par la prestation, au Covent Garden, de l'italienne Anna Caterina Antonacci pleine de charisme, de sensualité, et d'énergie. Comme on peut se l'imaginer.
Cet opéra dirigé par Mikko Franck dont l'entrain n'était pas vraiment perceptible, m'a paru long et pesant et si vous ajoutez une mise en scène minimaliste composée de cartes géantes posées sur la scène (mais j'ai trouvé l'idée originale) et des costumes noirs comme la mort, je dois avouer que je n'étais pas mécontente après trois heures de voir Carmen poignardée par Don José. Comment s'ennuyer pendant cet opéra ? Heureusement Jonas Kaufmann qui a une voix magnifique et un vrai talent d'acteur et Inva Mula pleine de sensibilité dans le rôle de Michaela ont atténué ma déception. Après la générale j'étais prête à revendre ma place pour la représentation. Je me suis finalement ravisée, avec le secret espoir que Kate Aldrich se glisserait enfin dans la peau de son personnage et que Mikko Franck se réveillerait et donnerait plus de vie à cet opéra. Tel ne fut pas le cas. Bientôt Il Trovatore. Wait and see !
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dimanche 26 juillet 2015
Les chorégies d'Orange, Concert symphonique "MAKNIFIK"
Huit mille personnes assises, en silence, sur les gradins inconfortables du théâtre romain d'Orange. Au programme ce soir, un concert symphonique avec au programme Berlioz, Poulenc, Saint-Saëns, sous la direction de Myung Whun Chung. Dans la première partie, Berlioz, Le Carnaval Romain. Excellent mais nous attendons tous le concerto pour pianos et orchestre en ré mineur de Poulenc. Les deux pianistes arrivent Nicholas Angelich et Martha Argerich. Le public les acclame mais laisse percevoir sa préférence pour la pianiste argentine aux cheveux gris.
La soirée est douce. Le mistral a cessé de souffler et les chauves-souris s'interdisent de traverser la scène pour ne pas rompre la magie de l'instant. Les notes montent légères sous la présence autoritaire d'Auguste. La musique parle à nos cœurs et à nos âmes et nous savourons cet instant de fusion. Trop court hélas. Nous aurions aimer les écouter encore et encore. Les deux pianistes sont ovationnés. Le public ne veut pas les laisser partir.
Et là, inattendu et grandiose, pour le Bis, ils interprètent une valse et romance à six mains de Sergueï Rachmaninov avec Myung Whun Chung lui même considéré comme un excellent pianiste. Nous avons le sentiment de vivre un moment unique et, à la fin du concert, un ami allemand mélomane averti en oublie la langue de Goethe et de bonheur s'exclame : MaknifiK, apsoloument maknifiK !
Et là, inattendu et grandiose, pour le Bis, ils interprètent une valse et romance à six mains de Sergueï Rachmaninov avec Myung Whun Chung lui même considéré comme un excellent pianiste. Nous avons le sentiment de vivre un moment unique et, à la fin du concert, un ami allemand mélomane averti en oublie la langue de Goethe et de bonheur s'exclame : MaknifiK, apsoloument maknifiK !
jeudi 7 août 2014
Les chorégies d’Orange : Otello malgré moi
Après
une
double déception avec
Roberto Alagna en 2012
dans
Turandot et son absence en 2013, j'avais
décidé cette année de le boycotter
purement
et simplement.
Mes billets avaient
été achetés
pour Nabucco et Carmina Burana
mais pas Otello. En revanche, j'avais décidé d'assister à des
concerts de piano à La Roque d'Anthéron, Lourmarin, l'Etang des Aulnes. Et
je m'en portais très bien. Des amis me pressaient d'aller l'écouter mais je restais droite dans mes bottes. Niet. Le sort en décida autrement. A deux reprises on m'a proposé des places gratuites pour Otello. La première fois j'ai décliné l'offre, heureuse, j'écoutais David Bismuth à Lourmarin, mais la deuxième fois, pour la représentation du 5 août, on me proposa, une heure avant le spectacle à nouveau deux places, et bien placées de surcroît. Pas d'excuses, hélas, j’étais à Orange ! Comme les échos que j'avais entendus étaient plutôt favorables, j'ai saisi mon coussin et hop, allons voir Otello. Au pire, je ne regretterai pas d'avoir dépensé 200 euros si sa prestation n'est pas bonne. Et là, agréable surprise, j'ai trouvé que Roberto Alagna avait bien chanté, en tout cas, il avait honoré son contrat, et Inva Mula que j'avais rencontrée quelques jours plus tôt et que j'avais déjà entendue dans la Bohême fut égale à elle même. Finalement, cette soirée à laquelle je ne voulais pas assister fut un agréable moment. Comme quoi, il est parfois bon de vaincre ses réticences.
mercredi 6 août 2014
Musicales en Tricastin - Un festival à découvrir
Pour ceux qui habitent la
région ou qui viennent chaque année passer leurs vacances en
Provence, je vous recommande, si vous êtes amateurs de musique
classique, le festival « Musicales en Tricastin ».
Bien-sûr, il n'est pas aussi
prestigieux qu'Aix-en-Provence, il
n'est même pas question de les comparer car l'approche même est
différente. Toutefois,
on ne peut qu'apprécier la qualité des concerts et saluer
l'initiative
de Monsieur et Madame Boucharlat et
de leur fils le pianiste Pierre-laurent,
pour avoir créé ces
rencontres musicales.
Depuis
déjà treize ans, ils
mettent,
chaque année, la
musique classique à la portée de tous et
fidélisent des spectateurs toujours plus nombreux.
Leur
approche n'est pas
élitiste, ni snob. On
vient parce qu'on aime la musique
et pas pour être vus,
ni pour se gargariser
dans des salons
feutrés. D'abord,
il n'y en a pas. Non,
l'ambiance est familiale, mais ne
vous méprenez pas car
la programmation n'en
est pas
moins alléchante et
les interprètes
qui s'arrêtent au
festival « Musicales en Tricastin » mènent aussi
une carrière
internationale et se
produisent au très sélect festival de piano de la Roque d'Anthéron.
Cette année, une semaine de
musique du 18 au 25 juillet avec des concerts donnés dans la cour du
château de Suze la Rousse (La nuit du piano et la nuit de la musique
de chambre) et à Saint Paul Trois Châteaux (une petite musique de
nuit, le Concert Impromptu, un récital lyrique et pour clore le
festival un spectacle lyrique, voir détails sur internet www ).
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