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dimanche 26 juillet 2015

Les chorégies d'Orange. Opéra. "Carmen, une erreur de Casting" ?

Je sais. Mon texte ne va pas faire l'unanimité. Mais j'écris ce que je pense, comment j'ai ressenti Carmen, en tant que spectatrice qui a le droit de s'exprimer.

A quoi s'attendre quand on va écouter Carmen ? A entendre une voix, belle, avec des cordes vocales, des vraies, qui emplissent le théâtre et transportent des émotions. Et puis, on s'attend à une Carmen pleine de fougue, d'insolence et de verve. Une gitane sans vergogne et libérée. Mais où était cette Carmen ici, aux chorégies d'Orange ? Je l'ai attendue, en vain. Je n'ai eu qu'une Carmen insipide, "aseptisée", belle, certes, mais sans caractère. Enfin, une Carmen sans panache interprétée  par la mezzo-soprano Kate Aldrich dont la voix n'était pas toujours audible. Était-ce une erreur de casting ? N'y avait-t-il pas d'autres interprètes disponibles ? Quelques jours auparavant, par curiosité, j'ai surfé pour voir quelles étaient les  interprètes remarquées de Carmen et j'avais été séduite par la prestation, au Covent Garden, de l'italienne Anna Caterina Antonacci pleine de charisme, de sensualité, et d'énergie. Comme on peut se l'imaginer.
Cet opéra  dirigé par Mikko Franck dont l'entrain n'était pas vraiment perceptible, m'a paru long et pesant et si vous ajoutez une mise en scène minimaliste composée de cartes géantes posées sur la scène (mais j'ai trouvé l'idée originale) et des costumes noirs comme la mort, je dois avouer que je n'étais pas mécontente après trois heures de voir Carmen poignardée par Don José. Comment s'ennuyer pendant cet opéra ? Heureusement Jonas Kaufmann qui a une voix magnifique et un vrai talent d'acteur et Inva Mula pleine de sensibilité dans le rôle de Michaela ont atténué ma déception. Après la générale j'étais prête à revendre ma place pour la représentation. Je me suis finalement ravisée, avec le secret espoir que Kate Aldrich se glisserait enfin dans la peau de son personnage et que Mikko Franck se réveillerait et donnerait plus de vie à cet opéra. Tel ne fut pas le cas. Bientôt Il Trovatore. Wait and see !

Les chorégies d'Orange, Concert symphonique "MAKNIFIK"

Huit mille personnes assises, en silence, sur les gradins inconfortables du théâtre romain d'Orange. Au programme ce soir, un concert symphonique avec au programme Berlioz, Poulenc, Saint-Saëns, sous la direction de Myung Whun Chung. Dans la première partie, Berlioz, Le Carnaval Romain. Excellent mais nous attendons tous le concerto pour pianos et orchestre en ré mineur de Poulenc. Les deux pianistes arrivent Nicholas Angelich et Martha Argerich. Le public les acclame mais laisse percevoir sa préférence pour la pianiste argentine aux cheveux gris. La soirée est douce. Le mistral a cessé de souffler et les chauves-souris s'interdisent de traverser la scène pour ne pas rompre la magie de l'instant. Les notes montent légères sous la présence autoritaire d'Auguste. La musique parle à nos cœurs et à nos âmes et nous savourons cet instant de fusion. Trop court hélas. Nous aurions aimer les écouter encore et encore. Les deux pianistes sont ovationnés. Le public ne veut pas les laisser partir.
Et là, inattendu et grandiose, pour le Bis, ils interprètent une valse et romance à six mains de Sergueï Rachmaninov avec Myung Whun Chung lui même considéré comme un excellent pianiste. Nous avons le sentiment de vivre un moment unique et, à la fin du concert, un ami allemand mélomane averti en oublie la langue de Goethe et de bonheur s'exclame : MaknifiK, apsoloument maknifiK !

jeudi 7 août 2014

Les chorégies d’Orange : Otello malgré moi

Après une double déception avec Roberto Alagna en 2012 dans Turandot et son absence en 2013, j'avais décidé cette année de le boycotter purement et simplement. Mes billets avaient été achetés pour Nabucco et Carmina Burana mais pas Otello. En revanche, j'avais décidé d'assister à des concerts de piano à La Roque d'Anthéron, Lourmarin, l'Etang des Aulnes. Et je m'en portais très bien. 

Des amis me pressaient d'aller l'écouter mais je restais droite dans mes bottes. Niet. Le sort en décida autrement. A deux reprises on m'a proposé des places gratuites pour Otello. La première fois j'ai décliné l'offre, heureuse, j'écoutais David Bismuth à Lourmarin, mais la deuxième fois, pour la représentation du 5 août, on me proposa, une heure avant le spectacle à nouveau deux places, et bien placées de surcroît. Pas d'excuses, hélas, j’étais à Orange ! Comme les échos que j'avais entendus étaient plutôt favorables, j'ai saisi mon coussin et hop, allons voir Otello. Au pire, je ne regretterai pas d'avoir dépensé 200 euros si sa prestation n'est pas bonne. Et là, agréable surprise, j'ai trouvé que Roberto Alagna avait bien chanté, en tout cas, il avait honoré son contrat, et Inva Mula que j'avais rencontrée quelques jours plus tôt et que j'avais déjà entendue dans la Bohême fut égale à elle même. Finalement, cette soirée à laquelle je ne voulais pas assister fut un agréable moment. Comme quoi, il est parfois bon de vaincre ses réticences.

mercredi 6 août 2014

Orange - Où sont les touristes ?

Comme chaque année, je suis dans le sud de la France, à Orange et cette fois, je cherche désespérément les touristes. Les terrasses sont quasiment vides et quelques badauds se promènent, à pas lents, l'appareil photo en bandoulière pour immortaliser leur ennui.


Heureusement pour les spectacles des chorégies, les rues s'animent, mais ses visiteurs, hélas, ne restent pas. Tout au plus une nuit et le lendemain ils se font conduire en gare d'Avignon pour regagner leurs pénates ou des lieux plus animés. Après quelques jours, le temps s'améliore, un peu, le soleil commence enfin à sortir (le mistral aussi), puis il recommence à pleuvoir, ce qui n'encourage pas à la flânerie. Les restaurateurs font aussi grise mine. La saison qui a tardé à débuter ne laisse pas augurer des recettes exceptionnelles et chaque jour qui passe, timide et poussif, est un manque à gagner. Si vous ajoutez à cela que les rares touristes comptent leurs sous comme des auvergnats, se partagent une crêpe ou commandent une demie boule de glace, sûr que le moral des commerçants ne va pas aller crescendo et pour les vacanciers que nous sommes, nous avons de plus en plus envie de rester blottis dans nos tanières.

jeudi 26 septembre 2013

On ne choisit pas d'aimer quelqu'un du même sexe, c'est l'amour qui choisit !

échange des anneaux.
Comme je vous l'avais annoncé sur ma page facebook, Christophe et Lionel se sont mariés lundi 23 septembre à Orange. Sans tapage. Et pourtant c'était facile. Fief d'extrême droite, interventions télévisées du maire et de son épouse pour exprimer chacun à leur tour leur hostilité au mariage pour tous. Démarches parfois difficiles pour concrétiser leur union. Tous les ingrédients étaient là pour une ultra médiatisation qui n'aurait eu, comme effet, que de stigmatiser encore davantage la communauté homosexuelle.

De la pub, ils n'en voulaient pas, ils n'en ont jamais voulu. Bien au contraire ! Leur option, la discrétion, et leur mariage fut à leur image, simple et champêtre, mais le discours prononcé à la mairie par l'un des mariés a ému l'assistance par la justesse et la profondeur du message.

"Au moment même où nous affichons notre bonheur, je pense à tous les homosexuels, garçons et filles, qui à travers le monde souffrent de ne pouvoir s'aimer au grand jour. On ne choisit pas d'aimer quelqu'un du même sexe, c'est l'amour qui choisit, décide, dirige et gouverne nos vies. Je suis heureux aujourd'hui d'épouser Lionel, l'homme que j'aime. Je suis d'autant plus heureux de me marier dans un pays démocratique qui offre le droit à tous, de pouvoir concrétiser leur amour par les liens sacrés du mariage. Je voudrais aussi ajouter que je suis heureux que notre union soit célébrée par Madame Liliane Rare, adjointe au patrimoine et à la culture car sa sensibilité, son sens de l'humanité me vont droit au cœur. Je suis fier de compter parmi ses amis." (Christophe)

samedi 17 août 2013

Vacances culturelles en Provence


Culture et sorties: Le Mont Ventoux
Toute l'année, on les attend, on en rêve, on les prépare et enfin elles arrivent, elles sont là,... nos vacances. Un ou deux mois à Orange, dans le sud de la France, pour se ressourcer culturellement. Le bonheur assuré car, même si l'expatriation c'est sympa avec des séjours ensoleillés aux saveurs épicées et aux spas feutrés, le quotidien manque cruellement d'expos internationales, d'art lyrique et de danse classique ou contemporaine. Alors, hop, nos valises à peine posées, nous nous concoctons notre programme et à nous la joie de profiter d'un environnement éclectique car cette région de France est, il faut le reconnaître, particulièrement riche en événements culturels.

Si une partie de la famille opte systématiquement pour le festival d'Aix et la Roque d'Anthéron, notre choix se porte sur les chorégies d'Orange. Normal, nous sommes devenus Orangeois d'adoption. Mais masos, nous ne le sommes pas et au prix des places, nous évitons soigneusement les "stars" qui nous ont déçus. Une fois, mais pas deux. Nos pérégrinations nous ont aussi conduits à Vaison-la-Romaine pour deux ballets, Dada Masilo Swan Lake et Mudéjar de la Compania Miguel Berna et naturellement Avignon pour humer cette ambiance de théâtre. Enfin, nous avons eu beaucoup de plaisir à assister à plusieurs concerts violon, piano- dans le cadre des Musicales en Tricastin organisées à Saint-Paul Trois-Châteaux et Suze-la-Rousse. S'il nous reste encore un peu de temps nous espérons bien voir l'expo de Cézanne à Matisse au musée Granet d'Aix et la boucle sera presque bouclée.

Chaque année, la mort dans l'âme, nous devons amputer notre programme très ambitieux à notre arrivée, car non seulement notre temps est compté, mais surtout, pas encore doués d'ubiquité, nous ne pouvons assister à toutes les représentations qui souvent se chevauchent. Mais qu'à cela ne tienne, pendant notre séjour, notre cœur vit au rythme des émotions, des découvertes et parfois des déceptions, et reboostés, nous repartons, heureux, dans nos contrées lointaines.

Jazz à Orange
image : nosfestivals.fr



Les chorégies d'Orange - Un Bal Masqué de Verdi : La suprématie des femmes


Pour célébrer le bicentenaire de la naissance de Wagner et Verdi, les chorégies ont programmé deux opéras jamais interprétés au théâtre antique d'Orange, "Le Vaisseau fantôme" de Wagner le 12 juillet, et "Un Bal Masqué" le 3 et 6 août. Si la deuxième représentation du Vaisseau Fantôme avait été annulée, les deux représentations du compositeur italien avaient été maintenues et le public s'était pressé au théâtre antique, un coussin sous le bras, car on ne peut oublier longtemps l'inconfort des gradins en pierre.

Si cet opéra était une première à Orange et qu'il fut, malgré tout, un moment agréable, il ne restera pas gravé dans les mémoires, sauf l'interpétation des trois femmes qui, dommage pour les hommes, les ont de loin surpassés. Kirstin Lewis soprano noire américaine de l'Arkansas qui faisait sa première apparition aux chorégies fut extraordinaire dans son interprétation d'Amelia, la femme infidèle, Sylvie Brunet-Grupposo a été impressionnante par sa présence dans le rôle d'Ulrica et Anne-Catherine Gillet, pétillante dans Oscar fut sans doute la révélation de la soirée. Face à elles, Ramon Vargas, le tenor mexicain qui incarnait Gustav III, roi de Suède alias Ricardo duquel se dégageait pourtant un côté fort sympathique manquait parfois de puissance, malgré sa voix, mais il n'est pas donné à tout le monde de chanter à Orange, et Lucio Gallo, le baryton, dans le rôle du comte, alias Renato, peinait avec sa voix légèrement enrouée. Heureusement, la direction musicale qui avait été confiée à Alain Altinoglu fut un vrai régal.

La mise en scène de Jean-Claude Auvray très épurée, pour ne pas dire extrêmement minimaliste, une chaise que l'on déplaçait et des bancs, fut saluée par des huées et des sifflets à la fin du spectacle. Enfin quelques anachronismes comme la monture des lunettes du comte et la montre qu'il a portée au poignet pendant toute la représentation ont contribué à perturber mon plaisir.

mardi 23 juillet 2013

Les Chorégies d'Orange - Der Fliegende Holländer - Le Vaisseau Fantôme

Le bicentenaire de la naissance de Richard Wagner qui est célébré dans le monde entier, ne pouvait échapper à la programmation des Chorégies d'Orange. Ainsi, son opéra « der Fliegende Holländer », « le Vaisseau Fantôme », nous a été proposé le 12 juillet.

Étrange, malgré l'annulation de la représentation du 15, le théâtre n'était pas tout à fait plein. A croire que le compositeur allemand ne fait pas l'unanimité dans cette ville du Sud de la France. Soit, le spectacle fut intéressant, la mise en scène  audacieuse et les décors ingénieux. Les voix, pourtant, et particulièrement celle du Holländer, interprété par Egils Silins, étaient parfois étouffées par l'orchestre. Phénomène plus ou moins amplifié que j'avais déjà remarqué dans les opéras des années précédentes. Egils lui-même, après la générale, m'avait confié qu'il lui était difficile d'entendre sa voix, et, avec humour, avait ajouté : « Je ne m'entends pas, mais j'estpère que c'est bon! » 

Enfin, c'est dans le troisième acte, que la voix du Holländer, majestueux à la proue de son vaisseau, domine la scène quand il surprend Senta et Erik. Et c'était bon.

Les Chorégies d'Orange - Lang Lang : un moment de vrai bonheur

Incroyable, génial, inouï, extraordinaire, à la fin du concert du pianiste chinois, les compliments et les adjectifs les plus élogieux fusaient de toutes parts. Parfois même, des spectatrices, encore sous l'émotion, essuyaient subrepticement une larme qu'elles n'avaient pu retenir.

Ce fut un moment de vrai bonheur, un délice, des perles de musiques que Lang Lang nous a offertes dans l'interprétation des sonates de Mozart. Chopin, qu'il affectionne particulièrement, était d'une incroyable beauté. Les sentiments du compositeur fort, émouvant et torturé coulaient sous les doigts du pianiste.

Si l'amour du détail de Lang Lang et son maniérisme sont parfois montrés du doigt par des mélomanes confirmés, qu'importe, sa prestation fut excellente et les rappels au cours desquels il a pu laisser libre cours à sa fantaisie resteront un moment inoubliable des Chorégies.

samedi 20 juillet 2013

Les chorégies d'Orange - Roberto Alagna : Et de deux !

Il est difficile d'oublier la piteuse prestation de Roberto Alagna dans Turandot, l'année dernière, aux chorégies d'Orange. Pourtant, les inconditionnels étaient prêts à excuser, mieux à pardonner leur idole qui, par manque de travail, avait non pas massacré le Nessun dorma mais pire, s'était retrouvé sans voix, prétextant qu'il souffrait d'une maladie qui affectait ses cordes vocales. Soit, le public n'est pas complètement idiot, mais difficile pour lui d'exiger un certificat médical. Si on se réfère à une interview qu'il avait donnée, il n'excellait que dans l'improvisation. A croire qu'il s'agissait d'une vie antérieure !

Cette année, le ténor était une fois encore programmé aux chorégies dans un concert lyrique avec la soprano Anna Caterina Antonacci, comme si les chorégies ne pouvaient exister sans lui. Et patatra, trois jours auparavant, annulation du concert. Son altesse sérénissime se désistait pour cause de... maladie. A croire que son état de santé se dégrade à chaque fois qu'il doit venir chanter à Orange. Et si la vérité était ailleurs ? A une époque où l'information, même au bout du monde, se propage à la vitesse d'un clic, il est évident qu'une représentation de Roberto Alagna, à Marseille, c'est comme si on y était alors, quand la star est huée, on l'entend les protestations du public, déçu, jusqu'à Orange !

dimanche 30 juin 2013

France, Musiques en fête aux chorégies d'Orange : Une partition en bémol

Voir l'article sur Toutelatele.com ici
Cette année encore, Musiques en fête en direct des chorégies d'Orange, l'événement musical du début de saison, a été retransmis sur Fr 3. Les chanteurs lyriques se sont succédés pour interpréter des airs d'opéra les plus connus car il faut bien l'admettre, l'opéra n'est pas encore un art populaire même si certains extraits se sont insidieusement installés dans les consciences françaises, à force d'être utilisées dans les publicités même les plus farfelues.

Pour faire de l’Audimat, rien de mieux que d'inviter aussi quelques vedettes de la chanson française, sur le déclin, mais qui essaient encore de donner de la voix sous la statue de l'empereur Auguste, majestueux et bienveillant à l'égard des artistes. Cette année, Nicoletta a entonné pour la dix millième fois -au moins- Mamy Blue et malgré ses efforts et un micro, elle a eu quelques difficultés à rivaliser avec Ruggero Raimondi, Vittorio Grigolo, Patrizia Ciofi ou Julie Fuchs. Mais soyons indulgents, chanter dans ce magnifique théâtre romain, devant 9 000 personnes et partager l'affiche avec des ténors, des sopranos et des barytons dont les voix emplissent le théâtre et nos cœurs peut, je le concède, être une redoutable épreuve. 

Ainsi donc, ce spectacle gratuit du 20 juin a drainé des milliers d'Orangeois qui n'ont pas toujours accès aux opéras. En quelques heures tous les billets avaient été distribués, sans aucune distinction, pénalisant ainsi les mélomanes qui n'hésitent pas à dépenser beaucoup d'argent pour assister aux concerts et opéras chaque année. Cette initiative de rendre l'opéra accessible à tous est sans doute louable, mais le bureau des chorégies ne pourrait-il pas réserver des billets pour ceux qui permettent de continuer à les faire vivre ? Même les magasins ont une politique de fidélisation pour leurs meilleurs clients !

A force de persévérance et de relations, j'ai pu obtenir deux places pour le concert auprès d'amis. Surprise totale car si les années précédentes le programme avait été affiché partout dans la ville, cette année, il avait été  gardé secret. Sans doute, les chorégies avaient-elles eu des difficultés à le ficeler, à temps. Le résultat comparé avec les années précédentes fut  assez décevant. Trois heures de spectacle de qualité inégale où le commentateur qui ne maîtrisait pas son conducteur comblait les blancs avec des questions dénuées de toute pertinence. Des problèmes de micro accentuèrent cette impression de dilettantisme et la programmation, intéressante, certes, n'était pas aussi audacieuse que les années précédentes. Pire, hormis quelques stars du lyrique habituées des chorégies et qui se sont prêtées au jeu pour donner un côté international et upgraded cet événement musical, il en résulte toutefois une désagréable impression de remplissage. Beaucoup de jeunes talents qui ne mobilisent pas encore les foules. Mais que faire quand les finances ne suivent pas et qu'il faut assurer trois heures de direct ?

Beaucoup de frustrations et de déceptions pour cette soirée qui ne restera pas gravée dans ma mémoire. Wagner "Le Vaisseau Fantôme" et Verdi "Un Bal Masqué" sont au programme des chorégies de cette année ainsi que Mozart et Chopin interprétés par le pianiste chinois Lang lang. De quoi, je suis sûre, satisfaire les amoureux de la musique classique !

mardi 7 août 2012

TURANDOT aux Chorégies d'Orange


Alagna sans voix !

L'édition spéciale Chorégies d'Orange 2012 consacrait dans son N°16 deux pages entières à Roberto Alagna. Deux pages dans lesquelles il se gargarisait et se comparait, dans sa façon de travailler, à Placido Domingo. Soit ! Le manque de modestie ne tue pas, mais, sa désastreuse prestation dans Turandot le samedi 28 juillet a dû faire se dresser les cheveux du ténor espagnol.

Installée sur mon petit coussin sur des gradins durs et inconfortables comme 8 000 autres personnes, j'attends, serrée comme une sardine, que 21 h 30 sonne pour pouvoir enfin entendre le grand Alagna, car il faut reconnaître qu'il a une com. qui fonctionne bien et qui sait mobiliser les foules. Dès les premières notes, j'ai le désagréable sentiment que son interprétation ne sera pas inoubliable car sa voix à dû mal à s'élever et à se distinguer de celles des chœurs. Je ne bronche pas, je ne suis pas experte en opéra, mais je sais lire et je ne peux m'empêcher de repenser à l'article du supplément des Chorégies que j'avais lu quelques jours plus tôt : "Je n'ai pas encore appris le rôle, pas eu le temps... Rassurez-vous, je vais m'y plonger sous peu. Cela va faire comme d'habitude : c'est dans l'urgence que je donne le meilleur.... quand on commence à être connu et que l'on doit assumer beaucoup de prises de rôle, on n'a plus le temps d'y consacrer des mois et des mois... il faut apprendre à travailler vite". L'article n'est pas daté, mais je suis journaliste et je devine que les propos sont récents, même si je tiens compte du temps d'impression. Les deux premiers actes vibrent par leur médiocrité. Sa présence sur scène est pratiquement aussi nulle que sa voix. Sa gestuelle raide et saccadée ressemble à celle d'un automate. Difficile de faire passer les sentiments d'un prince épris d'amour prêt à y laisser sa vie.

Fin de l'entracte. Une voix féminine nous demande de regagner nos places et deux minutes plus tard, une voix masculine, cette fois-ci, nous prie d'excuser, par avance, notre ténor vedette qui souffre (ça on l'avait remarqué), d'une maladie aux cordes vocales. A cet instant, je n'ose imaginer que le pire est encore à venir. Nous attendons tous le "Nessun dorma", le clou de la soirée, la raison pour laquelle nous avons dépensé plus de 200 euros et enduré cet inconfort. Il entame les premières notes. Je retiens mon souffle. Il ne va tout de même pas nous le massacrer. Nous attendons l'aria finale et rien, même pas un couac, plus de son, pas même une fausse note. Le silence. Roberto Alagna ou le prince Calaf a perdu sa voix. Il baisse la tête. Michel Plasson, le chef d'orchestre, continue, imperturbable, à diriger son orchestre. Le public, bon joueur, applaudit ce qui reste du ténor qui se décrivait lui-même, quelques jours auparavant comme "un chanteur atypique, un autodidacte qui travaille à la sauvage". Après un tel résultat, on l'aura compris !

De retour chez moi, ulcérée par cette piètre prestation et rongée par le sentiment d'avoir été prise pour une idiote, j’écoute le " Nessun dorma"' interprété par Pavarotti, puis par Placido Domingo. Cette comparaison accentue encore mon mal être. Je veux oublier cette soirée, oublier le nom de Roberto Alagna, ténor d'opérette qui déclarait : "J'aime les personnages qui vont au bout de leurs désirs et de leurs passions". Et bien moi j'aime les chanteurs professionnels qui vont au bout de leur engagement et de leur respect du public.