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samedi 17 août 2013

Vacances culturelles en Provence


Culture et sorties: Le Mont Ventoux
Toute l'année, on les attend, on en rêve, on les prépare et enfin elles arrivent, elles sont là,... nos vacances. Un ou deux mois à Orange, dans le sud de la France, pour se ressourcer culturellement. Le bonheur assuré car, même si l'expatriation c'est sympa avec des séjours ensoleillés aux saveurs épicées et aux spas feutrés, le quotidien manque cruellement d'expos internationales, d'art lyrique et de danse classique ou contemporaine. Alors, hop, nos valises à peine posées, nous nous concoctons notre programme et à nous la joie de profiter d'un environnement éclectique car cette région de France est, il faut le reconnaître, particulièrement riche en événements culturels.

Si une partie de la famille opte systématiquement pour le festival d'Aix et la Roque d'Anthéron, notre choix se porte sur les chorégies d'Orange. Normal, nous sommes devenus Orangeois d'adoption. Mais masos, nous ne le sommes pas et au prix des places, nous évitons soigneusement les "stars" qui nous ont déçus. Une fois, mais pas deux. Nos pérégrinations nous ont aussi conduits à Vaison-la-Romaine pour deux ballets, Dada Masilo Swan Lake et Mudéjar de la Compania Miguel Berna et naturellement Avignon pour humer cette ambiance de théâtre. Enfin, nous avons eu beaucoup de plaisir à assister à plusieurs concerts violon, piano- dans le cadre des Musicales en Tricastin organisées à Saint-Paul Trois-Châteaux et Suze-la-Rousse. S'il nous reste encore un peu de temps nous espérons bien voir l'expo de Cézanne à Matisse au musée Granet d'Aix et la boucle sera presque bouclée.

Chaque année, la mort dans l'âme, nous devons amputer notre programme très ambitieux à notre arrivée, car non seulement notre temps est compté, mais surtout, pas encore doués d'ubiquité, nous ne pouvons assister à toutes les représentations qui souvent se chevauchent. Mais qu'à cela ne tienne, pendant notre séjour, notre cœur vit au rythme des émotions, des découvertes et parfois des déceptions, et reboostés, nous repartons, heureux, dans nos contrées lointaines.

Jazz à Orange
image : nosfestivals.fr



mardi 23 juillet 2013

Les Chorégies d'Orange - Der Fliegende Holländer - Le Vaisseau Fantôme

Le bicentenaire de la naissance de Richard Wagner qui est célébré dans le monde entier, ne pouvait échapper à la programmation des Chorégies d'Orange. Ainsi, son opéra « der Fliegende Holländer », « le Vaisseau Fantôme », nous a été proposé le 12 juillet.

Étrange, malgré l'annulation de la représentation du 15, le théâtre n'était pas tout à fait plein. A croire que le compositeur allemand ne fait pas l'unanimité dans cette ville du Sud de la France. Soit, le spectacle fut intéressant, la mise en scène  audacieuse et les décors ingénieux. Les voix, pourtant, et particulièrement celle du Holländer, interprété par Egils Silins, étaient parfois étouffées par l'orchestre. Phénomène plus ou moins amplifié que j'avais déjà remarqué dans les opéras des années précédentes. Egils lui-même, après la générale, m'avait confié qu'il lui était difficile d'entendre sa voix, et, avec humour, avait ajouté : « Je ne m'entends pas, mais j'estpère que c'est bon! » 

Enfin, c'est dans le troisième acte, que la voix du Holländer, majestueux à la proue de son vaisseau, domine la scène quand il surprend Senta et Erik. Et c'était bon.

Les Chorégies d'Orange - Lang Lang : un moment de vrai bonheur

Incroyable, génial, inouï, extraordinaire, à la fin du concert du pianiste chinois, les compliments et les adjectifs les plus élogieux fusaient de toutes parts. Parfois même, des spectatrices, encore sous l'émotion, essuyaient subrepticement une larme qu'elles n'avaient pu retenir.

Ce fut un moment de vrai bonheur, un délice, des perles de musiques que Lang Lang nous a offertes dans l'interprétation des sonates de Mozart. Chopin, qu'il affectionne particulièrement, était d'une incroyable beauté. Les sentiments du compositeur fort, émouvant et torturé coulaient sous les doigts du pianiste.

Si l'amour du détail de Lang Lang et son maniérisme sont parfois montrés du doigt par des mélomanes confirmés, qu'importe, sa prestation fut excellente et les rappels au cours desquels il a pu laisser libre cours à sa fantaisie resteront un moment inoubliable des Chorégies.

samedi 20 juillet 2013

Les chorégies d'Orange - Roberto Alagna : Et de deux !

Il est difficile d'oublier la piteuse prestation de Roberto Alagna dans Turandot, l'année dernière, aux chorégies d'Orange. Pourtant, les inconditionnels étaient prêts à excuser, mieux à pardonner leur idole qui, par manque de travail, avait non pas massacré le Nessun dorma mais pire, s'était retrouvé sans voix, prétextant qu'il souffrait d'une maladie qui affectait ses cordes vocales. Soit, le public n'est pas complètement idiot, mais difficile pour lui d'exiger un certificat médical. Si on se réfère à une interview qu'il avait donnée, il n'excellait que dans l'improvisation. A croire qu'il s'agissait d'une vie antérieure !

Cette année, le ténor était une fois encore programmé aux chorégies dans un concert lyrique avec la soprano Anna Caterina Antonacci, comme si les chorégies ne pouvaient exister sans lui. Et patatra, trois jours auparavant, annulation du concert. Son altesse sérénissime se désistait pour cause de... maladie. A croire que son état de santé se dégrade à chaque fois qu'il doit venir chanter à Orange. Et si la vérité était ailleurs ? A une époque où l'information, même au bout du monde, se propage à la vitesse d'un clic, il est évident qu'une représentation de Roberto Alagna, à Marseille, c'est comme si on y était alors, quand la star est huée, on l'entend les protestations du public, déçu, jusqu'à Orange !

dimanche 30 juin 2013

France, Musiques en fête aux chorégies d'Orange : Une partition en bémol

Voir l'article sur Toutelatele.com ici
Cette année encore, Musiques en fête en direct des chorégies d'Orange, l'événement musical du début de saison, a été retransmis sur Fr 3. Les chanteurs lyriques se sont succédés pour interpréter des airs d'opéra les plus connus car il faut bien l'admettre, l'opéra n'est pas encore un art populaire même si certains extraits se sont insidieusement installés dans les consciences françaises, à force d'être utilisées dans les publicités même les plus farfelues.

Pour faire de l’Audimat, rien de mieux que d'inviter aussi quelques vedettes de la chanson française, sur le déclin, mais qui essaient encore de donner de la voix sous la statue de l'empereur Auguste, majestueux et bienveillant à l'égard des artistes. Cette année, Nicoletta a entonné pour la dix millième fois -au moins- Mamy Blue et malgré ses efforts et un micro, elle a eu quelques difficultés à rivaliser avec Ruggero Raimondi, Vittorio Grigolo, Patrizia Ciofi ou Julie Fuchs. Mais soyons indulgents, chanter dans ce magnifique théâtre romain, devant 9 000 personnes et partager l'affiche avec des ténors, des sopranos et des barytons dont les voix emplissent le théâtre et nos cœurs peut, je le concède, être une redoutable épreuve. 

Ainsi donc, ce spectacle gratuit du 20 juin a drainé des milliers d'Orangeois qui n'ont pas toujours accès aux opéras. En quelques heures tous les billets avaient été distribués, sans aucune distinction, pénalisant ainsi les mélomanes qui n'hésitent pas à dépenser beaucoup d'argent pour assister aux concerts et opéras chaque année. Cette initiative de rendre l'opéra accessible à tous est sans doute louable, mais le bureau des chorégies ne pourrait-il pas réserver des billets pour ceux qui permettent de continuer à les faire vivre ? Même les magasins ont une politique de fidélisation pour leurs meilleurs clients !

A force de persévérance et de relations, j'ai pu obtenir deux places pour le concert auprès d'amis. Surprise totale car si les années précédentes le programme avait été affiché partout dans la ville, cette année, il avait été  gardé secret. Sans doute, les chorégies avaient-elles eu des difficultés à le ficeler, à temps. Le résultat comparé avec les années précédentes fut  assez décevant. Trois heures de spectacle de qualité inégale où le commentateur qui ne maîtrisait pas son conducteur comblait les blancs avec des questions dénuées de toute pertinence. Des problèmes de micro accentuèrent cette impression de dilettantisme et la programmation, intéressante, certes, n'était pas aussi audacieuse que les années précédentes. Pire, hormis quelques stars du lyrique habituées des chorégies et qui se sont prêtées au jeu pour donner un côté international et upgraded cet événement musical, il en résulte toutefois une désagréable impression de remplissage. Beaucoup de jeunes talents qui ne mobilisent pas encore les foules. Mais que faire quand les finances ne suivent pas et qu'il faut assurer trois heures de direct ?

Beaucoup de frustrations et de déceptions pour cette soirée qui ne restera pas gravée dans ma mémoire. Wagner "Le Vaisseau Fantôme" et Verdi "Un Bal Masqué" sont au programme des chorégies de cette année ainsi que Mozart et Chopin interprétés par le pianiste chinois Lang lang. De quoi, je suis sûre, satisfaire les amoureux de la musique classique !

mardi 13 novembre 2012

Burundi : Et la bière coulait à flots !



Chaque année, depuis des décennies, Bujumbura vit un week-end en octobre, à l'heure allemande ou plus précisément à l'heure de l'Oktoberfest (fête de la bière). Cette initiative, comme on s'en doute, créée par un Allemand, est une véritable institution.

Diplomates, expats, locaux, tout le monde se précipite pour trinquer bruyamment et manger du jambonneau bien gras avec de la choucroute ou de la salade de pommes de terre. Les plus téméraires esquissent quelques pas de danse sur "eins, zwei drei, cha cha, cha" émis par un orchestre poussif dont la faible qualité musicale s' est encore étiolée au fil des années. Mais qu'importe, c'est la fête, on est là pour s'amuser, pour boire, et les chopes s'entrechoquent frénétiquement. Gott sei Dank (Dieu soit loué), on a échappé cette année aux tenues traditionnelles allemandes.

En fin de soirée, les rires de plus en plus gras couvrent la musique, les regards errent, et toute inhibition disparue, vous voyez, face à vous, un homme à l'équilibre précaire qui se lève et qui glisse sa main dans la poitrine opulente de sa compagne qui pousse un cri – d'effroi –. Puis, hilare, elle s'attaque à un expatrié assis à côté d'elle, qui ne souhaitait qu'une seule chose, boire une bière en paix.


Plus on est de fous et plus on rit, dit-on, mais quand on passe sa soirée avec une bouteille d'eau plate, notre lucidité nous pousse très vite vers la porte de sortie.

mardi 7 août 2012

TURANDOT aux Chorégies d'Orange


Alagna sans voix !

L'édition spéciale Chorégies d'Orange 2012 consacrait dans son N°16 deux pages entières à Roberto Alagna. Deux pages dans lesquelles il se gargarisait et se comparait, dans sa façon de travailler, à Placido Domingo. Soit ! Le manque de modestie ne tue pas, mais, sa désastreuse prestation dans Turandot le samedi 28 juillet a dû faire se dresser les cheveux du ténor espagnol.

Installée sur mon petit coussin sur des gradins durs et inconfortables comme 8 000 autres personnes, j'attends, serrée comme une sardine, que 21 h 30 sonne pour pouvoir enfin entendre le grand Alagna, car il faut reconnaître qu'il a une com. qui fonctionne bien et qui sait mobiliser les foules. Dès les premières notes, j'ai le désagréable sentiment que son interprétation ne sera pas inoubliable car sa voix à dû mal à s'élever et à se distinguer de celles des chœurs. Je ne bronche pas, je ne suis pas experte en opéra, mais je sais lire et je ne peux m'empêcher de repenser à l'article du supplément des Chorégies que j'avais lu quelques jours plus tôt : "Je n'ai pas encore appris le rôle, pas eu le temps... Rassurez-vous, je vais m'y plonger sous peu. Cela va faire comme d'habitude : c'est dans l'urgence que je donne le meilleur.... quand on commence à être connu et que l'on doit assumer beaucoup de prises de rôle, on n'a plus le temps d'y consacrer des mois et des mois... il faut apprendre à travailler vite". L'article n'est pas daté, mais je suis journaliste et je devine que les propos sont récents, même si je tiens compte du temps d'impression. Les deux premiers actes vibrent par leur médiocrité. Sa présence sur scène est pratiquement aussi nulle que sa voix. Sa gestuelle raide et saccadée ressemble à celle d'un automate. Difficile de faire passer les sentiments d'un prince épris d'amour prêt à y laisser sa vie.

Fin de l'entracte. Une voix féminine nous demande de regagner nos places et deux minutes plus tard, une voix masculine, cette fois-ci, nous prie d'excuser, par avance, notre ténor vedette qui souffre (ça on l'avait remarqué), d'une maladie aux cordes vocales. A cet instant, je n'ose imaginer que le pire est encore à venir. Nous attendons tous le "Nessun dorma", le clou de la soirée, la raison pour laquelle nous avons dépensé plus de 200 euros et enduré cet inconfort. Il entame les premières notes. Je retiens mon souffle. Il ne va tout de même pas nous le massacrer. Nous attendons l'aria finale et rien, même pas un couac, plus de son, pas même une fausse note. Le silence. Roberto Alagna ou le prince Calaf a perdu sa voix. Il baisse la tête. Michel Plasson, le chef d'orchestre, continue, imperturbable, à diriger son orchestre. Le public, bon joueur, applaudit ce qui reste du ténor qui se décrivait lui-même, quelques jours auparavant comme "un chanteur atypique, un autodidacte qui travaille à la sauvage". Après un tel résultat, on l'aura compris !

De retour chez moi, ulcérée par cette piètre prestation et rongée par le sentiment d'avoir été prise pour une idiote, j’écoute le " Nessun dorma"' interprété par Pavarotti, puis par Placido Domingo. Cette comparaison accentue encore mon mal être. Je veux oublier cette soirée, oublier le nom de Roberto Alagna, ténor d'opérette qui déclarait : "J'aime les personnages qui vont au bout de leurs désirs et de leurs passions". Et bien moi j'aime les chanteurs professionnels qui vont au bout de leur engagement et de leur respect du public.