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lundi 16 septembre 2013

Théâtre à l'Institut français du Burundi : "Machine 26, couloir C"

Un bon divertissement


image: http://www.iwacu-burundi.org
Il y a deux mois, j'avais émis mon avis sur un ténor qui avait annulé sa prestation, trois jours avant la date fixée, aux chorégies d'Orange. Tollé général, une avalanche de messages, souvent injurieux, m'avait été adressée car on ne touche pas aux idoles de certains. Soit ! Chacun peut être fan de qui il veut, tant que la liberté d'expression est respectée. En revanche, le racisme véhiculé dans les messages qui me demandaient "de retourner dans mon Burundi" m'interpella.

Il est bien évident que pour tous ces détracteurs qui se cachent derrière l'anonymat, un Africain ou quiconque habitant en Afrique est dépourvu de toute connaissance et de tout sens critique. Je suis de retour à Bujumbura où je réside depuis deux ans et c'est vrai qu'ici, nous ne disposons pas des infrastructures présentes dans les grandes villes européennes, ni de leur éventail culturel. Pourtant les choses bougent. Des initiatives sont prises et des spectacles se montent. Ainsi, vendredi et samedi soir, à l'institut français du Burundi était présentée la pièce de théâtre "Machine 26, couloir C". Une pièce agréable, écrite par Patrice Faye et interprétée par la troupe Burundaise Pili-pili, ce qui prouve la volonté et le potentiel culturels qui existent dans ce pays.

Malgré un prix d'entrée modique (environ trois euros) par rapport aux montants pratiqués en occident, les comédiens n'ont pas ménagé leurs efforts pour monter ce spectacle et divertir le public. Nous sommes bien loin des caprices de stars qui sont payées des milliers d'euros. Alors, pour tous ceux qui critiquent un pays qu'ils ne connaissent pas, je les invite à venir juste une fois au Burundi et ils comprendront ainsi qu'un pays, même pauvre, ne mérite pas d'être traité avec condescendance.

mardi 29 mai 2012

Une soirée à Kigali

Lundi 23 avril, il est 19 h 30, la salle de Ishyo Arts Center de Kigali est plongée dans l'obscurité, seule la scène est allumée. Quatre comédiens, deux hommes et deux femmes juchés sur des tabourets avec des feuillets dans les mains vont, tour à tour, lire des extraits de mon roman, "Ayélé fille de l'ombre".

Ces extraits, je ne les ai pas sélectionnés. Je les découvre avec les invités. Mon cœur bat. J'ai peur que mon texte m'échappe. Les comédiens se relayent. Chacun à une lecture personnelle de l'histoire mais l'émotion passe et je m'étonne qu'ils aient choisi, eux aussi, des passages que j'ai aimés. Sur la scène, face à eux, avec quelques invités qui étaient venus me rejoindre pour être plus proche de l'auteure, le micro m'est parfois tendu pour que je rebondisse sur leur lecture et m'exprime sur le contenu du livre qui pose, entre autres, la question du racisme. Mais n'est-ce pas un thème lourd de sens quand il est abordé dans un pays meurtri par le génocide.

Cette rencontre non seulement originale mais extrêmement intéressante, dans une ville que je ne connaissais pas ou si peu restera, pour moi, un souvenir très fort. Et comment oublier l'hospitalité rwandaise ?

(l'article de Sembura ici)