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jeudi 2 janvier 2014

Afrique du Sud - Marché à l'Africaine

Plus grand que le Morning Market de Vientiane ou le marché Sandaga de Dakar, celui de Durban est impressionnant par sa taille, (il faudrait presque un GPS pour se repérer), et la diversité des produits que l'on peut y trouver.
Si les étals de fruits et de légumes ont moyennement retenu mon attention car après toutes les années passées en Afrique, la viande exposée aux mouches ne m'impressionne plus et me semble d'une grande banalité, j'ai toutefois été frappée par le nombre de têtes de vaches qui étaient en train d'être dépecées. Des têtes aux yeux morts mais qui semblaient encore vous regarder et vous accuser de l'avoir sauvagement tuée. De quoi devenir végétarienne !
Mais ma préférence est allée sans aucun doute, vers les stands difficiles à photographier, ceux où l'on trouvait indifféremment des crânes de singe séchés, des sabots de cheval, des peaux de serpents, des morceaux de serpents, de crocodiles, d'iguanes, des insectes, des plumes sur des cadavres de volatiles suspendus, des milliers de choses bizarres et inattendues. Tout tentait à créer une ambiance macabre, irréelle et occulte.
Naturellement, quand j'ai voulu demander à quoi servait toutes ces choses étranges provenant sans exception  d'espèces vivantes, les réponses m'ont été données avec une extrême parcimonie. Je me demande d'ailleurs si en cherchant bien, je n'aurais pas pu trouver un morceau d'humain, décapité pour avoir eu 6 doigts ou une quelconque autre anomalie.

Bref, si j'ai eu la certitude que toutes ces étrangetés étaient bel et bien utilisées à des fins occultes et servaient à guérir, rendre heureux, trouver un mari et le garder, devenir riche, puissant, réussir en affaire, enfin tout ce que l'être humain recherche, il me manque les posologies. Dommage, j'aurais eu plaisir à offrir à certaines de mes amies, dans un bel emballage avec un beau nœud aux couleurs sud-africaines, des phalanges de singe, des dents de crocodile, ou une tranche séchée de reptile à mon retour en France.

Durban, sur les traces de Gandhi !

Difficile de se rendre à Durban sans aller à Inenda, à une vingtaine de kilomètres, visiter la maison de Gandhi détruite après des affrontements entre indiens et noirs en 1985 et reconstruite à l'identique et l'imprimerie qu'il avait créée en1904. Car c'est en Afrique du Sud que Mahatma Gandhi, de son vrai nom Mohandas Karamchand Gandhi, a développé sa stratégie de désobéissance civile non-violente, à la fin du 19ème siècle. Après avoir été renvoyé d'un compartiment réservé aux blancs, Gandhi, Choqué par la discrimination raciale dans ce pays, organise la lutte de la communauté indienne pour ses droits civiques et contre les lois ségrégationnistes. Ce qui lui vaudra plusieurs séjours en prison, jusqu’à son retour en Inde, en 1914.
Pendant son séjour en Afrique du Sud, Gandhi a vécu avec son épouse et ses enfants 10 ans à Inenda à lisière du township. Sa maison classée au patrimoine national abrite aujourd'hui des documents et des photos de Gandhi.

Au début de la deuxième Guerre des Boers, en 1899, Gandhi déclare que les Indiens doivent soutenir l'effort de guerre s'ils veulent légitimer leur demande de citoyenneté. En 1904, après avoir fondé le journal Indian opinion, il rachète peu après l'établissement Phoenix, qui devient la Tolstoï farm, nommé en l'honneur de l'écrivain, où tous les rédacteurs du journal participent aux travaux agricoles et reçoivent le même salaire sans distinction de métier, de nationalité ou de couleur de peau. Enfin, c'est pendant son séjour à Inenda qu'il élabora son idéal de résistance passive qu'il met en pratique pour la première fois en 1906.
Le combat de Gandhi contre le racisme, sa résistance à l’oppression par le biais de la désobéissance civile de masse et sa politique de non violence influencèrent de nombreux leaders dont  Martin Luther King et Mandela.

mercredi 1 janvier 2014

Afrique de Sud - Shakaland, une journée avec les Zoulous



Il nous était impossible de passer deux semaines dans le Kwazulu Natal, sans aller voir les Zoulous, ethnie qui a marqué notre imagination, par leurs redoutables combats, leur acharnement et leur cruauté. Aller sur les traces du roi Shaka dont l'histoire avait été reprise sur le grand écran ne pouvait être qu'un moment à ne pas louper.

A près de deux heures de voiture de Durban, si on ne se perd pas, Shakaland, bien que touristique vaut le détour. Caché dans les collines, vous pouvez y passer une journée, si vous le souhaitez, et même plus car des cases sont aménagées pour recevoir les touristes plus longtemps. De guerriers, ils sont devenus de redoutables hommes d'affaires où tout est parfaitement orchestré pour le touriste. Dès votre arrivée, un Zoulou, en tenue traditionnelle, vous accueille et vous conduit à la réception (impossible de ne pas payer) et vous choisissez votre programme : projection d'un film (dans un case climatisée), visite du village, repas zoulou et danse. 



Le guide qui ne manquait pas d'humour, nous a fait découvrir les traditions et l'habitat zoulou : une case pour l'homme dans laquelle il vit seul, d'autres pour ses femmes et les enfants en bas âge, une pour les adolescentes et une autre pour les adolescents mâles, toujours à la droite pour qu'ils puissent se saisir de leur lance et attaquer l'animal du coté droit en cas de danger. Au cours de cette visite, il était intéressant d'assister au choc des cultures et des sexes : des jeunes sud-africaines, noires, attaquaient avec véhémence le guide, ses propos sur la polygamie et la soumission de la femme. La démonstration des danses guerrières vous fait froid dans le dos et vous êtes heureux de ne jamais les avoir rencontrés en face de vous.


Pendant la visite à Shakaland, la présence du roi Shaka vous accompagne car non seulement sa mère est née près du village, mais lui-même a grandi dans une colline voisine. Jusqu'à présent il demeure un culte chez les Zoulous qui représentent environ 7 % de la population sud-africaine soit près de 10 millions d'individus.
Vous ne pouvez terminer la visite sans boire de la bière dans une calebasse et à ce moment, mieux vaut ne pas penser aux dizaines de personnes qui ont déjà trempé leurs lèvres avant vous. Mais l'alcool détruit les bactéries, parait-il.

mardi 8 janvier 2013

L'Afrique du Sud : Le Cap et sa région



Vieux domaine de vigne

La gare de Muizenberg

Plein les plages (St. James)
Belle flore
Phoque et son petit au Cap de bonne l'Espérance






Après le repas...
... à l'extrémité ...


... de Cape Point
Protéa

Priorité aux Babouins

au retour: Hout Bay

lundi 7 janvier 2013

L'Afrique du Sud : Noël avec les pingouins

L'année dernière, pour les fêtes de fin d'année, nous avions décidé de partir au Canada, au Québec, pour être dépaysés, nous qui habitons dans l'hémisphère sud, pas loin de l'équateur. A notre arrivée, pas de neige, que de rares flocons qui fondaient immédiatement. Alors, pour vivre notre expérience quasi-polaire, nous sommes partis, dans un chalet, dans les Laurentides et là, des températures négatives, de la neige, une voiture qui dérape sur les chaussées verglacées et une balade en chiens de traîneau avec un vent glacial qui nous fouettait le visage. Enfin un Noël exotique, nous étions-nous exclamés, les mains et les pieds à moitié gelés.

Après cette expérience qui fut immortalisée par des dizaines de photos, nous sommes revenus à la raison et avons opté, cette année, pour des températures plus clémentes. L'Afrique du Sud, en été donc, et la découverte de Cape Town et de sa région.



La caméra en bandoulière, nous sommes allés à la rencontre des pingouins. Je l'ignorais, mais non loin de Cape Point des colonies de pingouins, bien campés sur leur pattes, l’œil mi-clos, face à la mer, semblent contempler l'horizon. Peut-être pensent-ils à ses navigateurs qui bravent le Cap de Bonne Espérance appelé jadis le Cape of Storms. Puis, comme pour signifier leur ennui face à l'océan, ils secouent la tête, effectuent un petit battement d'ailes ou de nageoires (hum ce sont des oiseaux qui ne volent pas mais qui nagent sous l'eau), et s'adressent à leurs voisins. Parfois même ils émettent des sons bizarres, des sons de pingouins.

Les pingouins sud-africains présentent la particularité d'être petits de taille. Les bébés sont facilement reconnaissables à leur épais duvet qui les fait ressembler à des peluches. Les adultes, quant à eux, ont dessiné sur le torse blanc une grande ligne noire et, chose étonnante, chaque pingouin possède un nombre de points noirs qui le rend unique et reconnaissable de ses enfants.
      J'aurais pu passer des heures à les observer et surtout à les regarder se déplacer car une démarche de pingouin, c'est attendrissant, mais quand un homme politique ou un acteur marche comme un pingouin, là, ça devient vraiment risible.

dimanche 6 janvier 2013

L'Afrique du Sud : un pays en noir et blanc

Je sais, le titre va vous faire frémir et je vous imagine déjà vous offusquer par ce jeu de mots qui peut sembler inapproprié dans un pays encore marqué par la discrimination raciale. Et pourtant, après mon premier séjour dans ce pays aux magnifiques paysages, je rentre à Bujumbura avec un sentiment mitigé. Tout n'est pas blanc, tout n'est pas noir.
La place Nelson Mandela à Sandton

Notre hôtel à Sandton
Sur les conseils avisés d'amis africains, noirs, nous avons réservé une chambre dans la banlieue résidentielle de Sandton. Une résidence 5 étoiles tenue par un couple Sud Africain, blanc, charmant, disponible qui, comme tous ses voisins, vit dissimulé derrière de hauts murs sur lesquels on lit "armed response". Dans les rues, pas de trottoirs, ce n'est pas utile, personne ne marche. Tous les propriétaires de ces grandes demeures se déplacent dans de grosses voitures, souvent allemandes, et les rares piétons que l'on croise sont les nannies, les cuisiniers ou les jardiniers qui, à leur descente du travail, courent derrière un taxi-bus blanc pour rentrer chez eux, là où le soleil ne se réfléchit non pas sur l'eau de la piscine, mais sur la tôle ondulée de leurs baraques. Ces images, je les croyais à jamais enterrées et pourtant je les ai revues. Bien sûr, j'ai voulu savoir si dans cette belle banlieue, on pouvait trouver quelques personnes aux caractéristiques physiques moins européennes. "Mais oui, if they are educated and can afford it", m'a répondu la propriétaire du lodge qui venait de m'expliquer, avec des trémolos dans la voix, combien elle avait aimé sa nanny quand elle était enfant et combien la ségrégation raciale avait été une hérésie.

     Des noirs dans les quartiers huppés, même peu nombreux, tant mieux, la réconciliation raciale est donc en route, mais pourquoi dans les townships (et pas dans tous), les seuls blancs que l'on voit sont des touristes tenus de suivre un parcours parfaitement balisé ?

...avec des clicks dans son nom
Notre guide á Prétoria 
     Nos visites de Jo'burg et de Prétoria se sont déroulées avec des chauffeurs d'origine Zoulou ou Xhosa, drôles, pleins d'humour, pour nous expliquer une histoire qui ne l'était pas. De la haine, je ne l'ai pas perçue, mais des questions qu'ils nous renvoyaient, pour nous obliger à réfléchir et à découvrir un quotidien, leur quotidien, où les inégalités et les écarts sociaux annihilent toute lueur d'espoir. Et puis ce fut la visite de Cape Town, les taudis près de l'aéroport que l'on dépasse à toute allure et que notre guide, une sexagénaire boer, n'osait à peine nous montrer. Une image dégradante pour une ville où des maisons d'un luxe insolent surplombent la mer. Ce pays immense, où des efforts ont déjà été entrepris pour réserver des emplois à compétence égale aux noirs,  pour construire des habitations, pour assainir les townships en favorisant l'accès à l'eau et en multipliant les toilettes publiques par exemple, me donne l'impression d'être encore un pays en transition, qui se développe à deux vitesses et où la nation arc en ciel s'observe mais ne communie pas.


Musée en hommage à la résistance des élèves en 1976



SOWETO encore et toujours

SOWETO la rue Vilakazi
des deux prix Nobel Desmond Tutu et Nelson Mandela
quartier moderne de SOWETO
SOWETO maison construite
jadis par le gouvernement